N°13 décembre 2006: le Hautbois
Le hautbois est un instrument à anche double, en bois d'ébène ou de palissandre, dont le tuyau est de perce conique. Issu du chalumeau, il en est une déclinaison moderne chromatique.
A la famille du hautbois se rattachent de nombreux instruments traditionnels: zourna arménien, sahnaï indien, ghaïta berbère, hautbois malgache, riple et tanora catalans, et naturellement toutes les variétés de musettes, binious, cornemuses, bombardes, tant en France (Bretagne, Auvergne, Limousin) que dans les autres pays d'Europe.
Ses origines semblent remonter à
la plus haute antiquité, mais l'archéologie primitive
se trouve toujours en présence d'instruments qui ont perdu
leur embouchure, ce qui rend l'identification impossible. Il reste
l'iconographie et la découverte d'une anche double en roseau
datant de l'Ancien Empire, pour prouver que les instruments de la
famille du hautbois étaient connus en Égypte plus de
deux mille ans avant Jésus-Christ.
Mais les ancêtres les plus directs de notre hautbois sont d'une part l'aulos des Grecs, qui devient la tibia romaine, et d'autre part le zamr égyptien.
La tibia donne naissance à toute
une famille d'instruments à anche double et perce conique,
répandus dès le Moyen Age - chalumeau (ou chalémie
ou piffera, dont il existait une variété cylindrique à
anche battante, ancêtre de la clarinette), musette (chalumeau
muni d'un réservoir en peau de chèvre), bombarde,
doucaine.
Le mot hautbois apparaît, semble-t-il, au XVe siècle. Il n'est rien d'autre, à peu de choses près, qu'un chalumeau (ou chalémie) et ce n'est que petit à petit que ce nom se substituera à l'autre pour s'imposer définitivement au cours du XVIIe siècle. Remarquons toutefois que, dès la fin du XVe siècle et plus tard encore le mot hautbois servait à désigner tout instrument à anche double, quelle que fût sa grandeur ou sa forme. Réservé alors aux fêtes champêtres, à la danse et à la musique militaire, le hautbois est admis dans l'orchestre dans la seconde moitié du XVIIe siècle.
Le hautbois fut joué pour la première fois en public par Jean Hotteterre en 1657. Il fut admis à la cour de Louis XIV et eut l'honneur d'être introduit dans la "Grande écurie du Roy", institution qui avait pour mission de prêter son concours aux cortèges et aux cérémonies d'apparat organisés par la cour.
En 1664, Lully, surintendant de la Cour, écrit une marche pour les hautbois.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les
hautxbois et musettes du Poitou font partie de la musique de la
Grande Écurie, aux côtés des Grands hautxbois
(qui comprennent les bassons). Pour faciliter le doigté et
surtout éviter les doigtés fourchus on construit des
instruments à vent avec des clés de plus en plus
nombreuses. C'est à cette époque seulement que le
véritable hautbois apparaît à la cour de France.
En dépit des perfectionnements apportés à l'instrument à sept trous (percement de nouveaux trous, augmentation du nombre de clefs, corps de rechange destinés à améliorer la justesse), le hautbois reste, jusqu'au début du XIXe siècle, bien imparfait.
C'est à l'école française qu'il doit sa perfection actuelle et en particulier à Frédéric Triebert, qui fut pour le hautbois ce que Boehm fut pour la flûte. De 1840 à 1878, il trouva la solution de tous les problèmes, établit le calcul définitif de la perce idéale et mit au point le système actuel de clefs, tringles, anneaux, correspondances.
A l'exception de Bach, qui utilise l'oboe d'amore (hautbois d'amour-alto) et l'oboe da caccia (hautecontre, aujourd'hui cor anglais), les compositeurs ne conservent de l'ancienne famille de hautbois que le "dessus", dont l'étendue est de deux octaves et demie.
Des hauts et des bas ...
Cet instrument, que l'on appelait aussi "hautbois de chasse" est un hautbois alto en fa, qui sonne une quinte en dessous du hautbois ordinaire. Vers 1760, afin d'en faciliter le maniement, on en courba le tube et dès l'ors on l'appela cor anglais . Les opinions diffèrent quant à l'utilisation de ce nom. Comme il se présente parfois avec un tube cassé en angle, certains pensent qu'à l'origine cet instrument était appelé cor anglé et que c'est par erreur qu'il aurait été orthographié "cor anglais".
Quoi qu'il en soit, le cor anglais est aujourd'hui redevenu un tube droit de perce conique comme le hautbois, dont il se distingue par son corps plus long et plus gros, son pavillon renflé en forme de bulbe et son bocal légèrement recourbé.
C'est probablement dans le Dioclesian de Purcell (1690) qu'il apparaît pour la première fois dans l'orchestre. Enfin, c'est le cor anglais qui interprète le magnifique thème de la symphonie du nouveau monde de Dvorak.
Instrument sonnant une tierce mineure plus bas que le hautbois ordinaire. Le hautbois d'amour n'a été créé qu'aux environs de 1720. Avec son bocal légèrement recourbé et son pavillon en forme de poire, il ressemble, en plus petit, au cor anglais. Cette forme existait déjà au XVIIe siècle, puisqu'à cette époque on la rencontre sur le hautbois ténor.
Selon l'état actuel de nos connaissances, nous pouvons croire que le hautbois d'amour a été joué pour la première fois dans un opéra de Telemann: « Der Sieg des Schonheit »(1722). Bach l'a fréquemment utilisé et Richard Strauss l'a introduit dans sa Sinfonia domestica et Ravel dans le Boléro.
Cet instrument dont le son fondamental est à l'octave inférieure du hautbois fut inventé en 1889 par Lorée facteur parisien. Il est de pavillon piriforme comme d'ailleurs celui du hautbois d'amour et sa haute taille exige l'emploi d'un bocal en forme de « S ».
Pour découvrir le hautbois en progressant dans le temps, voici 5 oeuvres qui présentent l'instrument sous différentes facettes:
Musique Baroque: (2 contemporains de Vivaldi)
1-Tommaso Albinoni, Concerto en ré
mineur Opus N°2
2-Alessandro Marcello, Concerto en ré
mineur
Musique symphonique:
3-Richard Strauss, Concerto pour
hautbois
Musique celtique:
4-Fir Na Keol (David Agnew) Celtic Oboe Ecouter David Agnew
Jazz:
5-Jean Luc Fillon: Flea Market (2004).
L'avenir du hautbois
De par
son prix élevé à l'achat ou en location, son jeu
"physique" pour les débutants et la relative
indifférence des médias à son égard, le
hautbois est devenu un instrument de moins en moins joué.
C'est pourquoi il faut le faire découvrir au jeune public.
C'est l'une des missions de l'Association Française du
hautbois qui regroupe près de 750 membres en France;
A.F.H




c'est toujour très sympa de parcourir to nblog ;)
Rédigé par: m.bark | 21/02/2008 at 08:49