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Notes de la catégorie "3- Chanson française"

N°15 Michel Jonasz

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Chanson française


«Les premières notes sont à peine jouées... Pourtant le spectacle a commencé bien avant, ou plutôt juste avant... Au moment furtif où l'on se glisse derrière la scène, où l'on entend les cris, les applaudissements dans le noir avant d'entrer en pleine lumière. La lampe torche du régisseur nous sert de phare, de repère ; on calque nos pas dans les siens, en file indienne comme des sioux sur le sentier de la guerre, en embuscade, prêts à l'assaut. Peu de mots. Le strict nécessaire. Le chef de plateau prévient les consoles, les poursuites. Tout le monde est sur le qui-vive. On s'arrête à l'abri du rideau, la dernière porte. L'air souvent sent le bois un peu humide et chaud, une odeur qui claque, en tension. Encore quelques vocalises... Dans quelques instants, le barrage entre les coulisses et la salle, entre l'ombre et la lumière, va céder.»
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Michel Jonasz a réussi là où beaucoup ont échoué, en se créant un univers. Marqué par le jazz des big bands et par le rythm’n blues, il séduit un large public, aussi bien par l’énergie inhérente à sa musique que par la poésie nostalgique de ses paroles. De ce point de vue, il peut être rapproché de son exact contemporain,  Alain Souchon, personnalité aussi discrète et reconnue que lui.

Né à Drancy, de parents d'origine Hongroise, le jeune homme a, très tôt, un profil beaucoup plus artistique que scolaire. Il se passionne pour la peinture, le théâtre et la musique, bien sûr !
Sa première idole se nomme Ray Charles et c’est en toute logique qu’il apprend le piano. Lâché, dans le circuit des clubs, il se fait embaucher comme accompagnateur de Vigon, un chanteur de rythm’n blues marocain puis, en 1967, forme son premier groupe, le Michel King Set.
Jonasz_5_3 Suivant la mode britannique, il s’essaie alors au rock vaguement psychédélique, comme en témoigne le petit succès « Apesanteur ».

L’aventure ne dure pas très longtemps et dès 1969, il tente de se lancer en solo. Mais ses premiers 45 tours restent assez confidentiels…
C’est sa rencontre avec le compositeur, parolier et arrangeur Jean-Claude Vannier qui lance sa carrière. Ce dernier avait déjà pu prouver son talent avec l’inoubliable « Melody Nelson » de Serge Gainsbourg. C’est sous sa houlette que sort le premier 33 tours de Jonasz, un travail d’équipe qui voit collaborer Vannier, Jonasz et Frank Thomas, pour les paroles et la musique. « Super Nana » et « Dites-Moi » sont chéris des programmateurs radios, tout comme le 45 tours « Je voulais te dire que je
t’attends » un véritable standard qui sera repris par Manhattan Transfer et Diane Dufresne, ou « Les vacances au bord de la mer », sur l’album « Changez tout » (1975).
Jonasz_2_2 Mais c’est véritablement avec son nouveau 33 tours éponyme de 1977 que le succès commercial vient enfin. Fâché avec Vannier, il se lance dans l’écriture des textes, et réussit son pari avec des classiques comme « J’veux pas qu’tu t’en ailles ». De plus en plus nettement, la nostalgie et la tristesse propres à son univers musical, sont mises en valeurs par des ambiances noires américains : soul, jazzy, ou blues, comme en témoigne le titre éloquent : « Du Blues, du Blues, du Blues » ! Le public applaudit.
Fort de sa reconnaissance, il collabore avec  Françoise Hardy (« J’écoute de la Musique Saoule », 78),
obtient le prix de la SACEM, celui de l'Académie Charles Cros et multiplie les réussites commerciales :
« En v’là du slow, en v’là », « Guigui », « Les Wagonnets »… Il fait également ses premiers pas au
théâtre et au cinéma, pour Jean-Michel Ribes (« Rien ne va plus »), Didier Kaminka (« Toutes les
mêmes sauf Maman ») ou Elie Chouraqui (« Qu’est-ce qui fait courir David ? »).
Jonasz_4 A partir de 1981, son style évolue sensiblement, grâce à l’apport de nouveaux arrangeurs. Désormais, Jonasz swingue, tous cuivres dehors.Et la mélancolie de ses fameuses ballades obtient de sérieux contre-points avec des tubes comme « Joueurs de Blues » (1981) ou « La Boîte de Jazz » (1985)…
Il n’oublie pourtant pas d’écrire « Lucille » pour Eddy Mitchell, en 1982, et sa propre version demeure l’un de ses standards radios les plus tristes.
La deuxième moitié des années 80 est marquée par sa prestation dans « Le Testament du Poète Juif Assassiné », de Frank Cassenti, d’après Elie Wiesel. Musicalement, Jonasz s’investit principalement dans « La fabuleuse histoire de Mister Swing », grand spectacle qu’il donne en 1987 et 1988, où il défend avec obstination le background musical qu’il affectionne. Il chante pour Amnesty International en 1987, ce qui lui permet, une soirée durant d’avoir des collègues nommés, Sting ou Peter Gabriel !
Les années 1990 et 2000 ne voient pas d’évolution notable dans son style. Sûr de sa formule, le chanteur a publié cinq albums depuis 1992.
2002
Sortie de l'album "Où vont les rêves" enregistré en studio en 7 jours avec trois musiciens. C'est le 3e
album enregistré avec le bassiste Etienne Mbappé, mais surtout Michel retrouve là Steve Gadd, dix ans après "Où est la source".
Une tournée d'un an et demi le conduira jusqu'à Tahiti, Nouméa, La Réunion, l'île Maurice, en France et
dans toute l'Europe. Création des Éditions Michel Jonasz. Rajoutant une corde à son arc, Michel devient
éditeur de livres consacrés au développement personnel et à la spiritualité.
2004
Tournages pour le cinéma "La maison de Nina" de Richard Dembo, pour la télévision "Un amour à taire" de Christian Faure primé au Festival de Luchon, "Dalida" de Joyce Buñuel, "Le triporteur de Belleville" de Stéphane Kurc, et "Un coin d'azur" d'Heiki Arekallio.
2005
Sortie de son 14e album studio sous son propre label MJM. Tournée : plus de 100 concerts en France et à
l'étranger. 15 jours au Casino de Paris et un Olympia.
Février 2007
Sortie de l'album "Chanson Française". Michel interprète Léo Ferré, Jacques Brel, Georges Brassens, Yves Montand, Édith Piaf ...
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Depuis 1990, il est engagé dans l'association SolEnSi (solidarite, enfants, sida) avec
Francis Cabrel, Catherine Lara, Maxime Le Forestier, Maurane, Alain Souchon et Zazie.

N°6 juin 2004: Pierre Perret

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N°3 juin 2003: Auditorium Renaud

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AUDITORIUM Renaud

La première chose qui frappe dans ce disque, c'est la voix cassée de Renaud. 14 titres de très beaux textes qui nous racontent les déboires de sa vie et de notre société. Beaucoup de mélancolie et de tristesse ...

Boucan_denfer Mes chansons préférées: - « Mister Renard » - « Manhattan-Kaboul ». Lucas

"Manhattan-Kaboul"

Ecrite et interprétée par Renaud et Axelle Red, cette chanson met en scène deux enfants. Un petit portoricain new-yorkais victime de l'attentat du 11 septembre contre le World Trade center et une petite afghane victime elle de la guerre dans son pays. On comprend que même s'ils ne se connaissent pas, ces deux inconnus au bout du monde ont péri, pulvérisés par la violence éternelle. Une vraie chanson d'actualité ! J'ai beaucoup aimé. Pauline

Morgan_de_toi

"Doudou s'en fout"

Sur un tempo assez rapide, cette chanson nous parle d'une vendeuse de maillots de bain. Elle doit servir des femmes très différentes, plus ou moins aimables ... Le soleil et l'amour n'entrent jamais dans son magasin, mais elle s'en fout car quand le mois d'août arrive, elle part sur son île sous les cocotiers où elle est la plus belle. Nous avons aimé. Margot et Laure

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"Mistral gagnant"

"A m'asseoir sur un banc cinq minutes avec toi..." Renaud parle à sa fille de sa propre enfance. Cette chanson a toujours été ma préférée. La mélodie à elle seule justifiait ce choix. Pourtant, il m'a fallu attendre près de vingt ans pour être entièrement touché par le texte. J'ai personnellement souvenir des "Mistrals gagnants" qu'on achetait chez une vieille épicière en allant à l'école. A l'intérieur du papier d'emballage, on découvrait si l'on avait gagné ou perdu. Quand c'était gagné, on avait le droit à un autre "Mistral gagnant" gratuit !

Les rires des enfants nous renvoient à notre propre enfance mais sont aussi un des grands bonheurs de la vie quand on est parent. Nostalgie, quand tu nous envahis... A écouter, ou réécouter. JPL

N°3 juin 2003: Renaud

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Docteur Renaud, Mister Renard

Depuis la sortie de son nouvel album "Boucan d'enfer", une génération entière (moins de 18 ans) découvre Renaud

Après 8 ans d'absence, le chanteur anarchiste n'a rien perdu de son talent. 14 nouvelles chansons qui nous parlent de lui, des autres et de la violence du monde.

Renaud_1 Qui est Renaud ?

Il s'est pointé en bande, ils étaient déjà deux le jour du 11 mai 1952. Ça se passait dans une maternité du 14e arrondissement, ou Solange Séchan, heureuse et étonnée, voyait paraître deux petites têtes de bébé garçons braillards. Elle avait déjà donné naissance à trois filles et un garçon. Avec les jumeaux nouveaux-nés, Renaud et David, l'équilibre des sexes était donc établi dans sa petite famille.

Renaud_3 "Mon père a essayé de nous pousser à apprendre le solfège. Mais c'était pas facile, parce que, comme j'avais un frère jumeau, on s'aidait mutuellement à rien faire. Je disais: Ouais, le cours de piano, ça me gonfle... Si David y va, j'y vais. Et David disait pareil, si bien qu'on n'y allait ni l'un ni l'autre ". A vrai dire, l'école ne l'a jamais intéressé outre mesure. Il y va comme tous les petits garçons de son âge, ne s'y fait remarquer ni parmi les premiers, ni parmi les derniers. Ce qu'il déteste surtout, c'est d'avoir à se lever alors qu'il fait encore nuit pour partir dans le froid.

Evidemment, jamais au cours de son enfance Renaud n'a envisagé, ni même imaginé qu'il pourrait être un jour chanteur. " Je voulais faire cuisinier d'abord... Parce que, un jour, j'avais fait une tarte et mes parents avaient dit: Ah ! ce que c'est bon... C'est bien... Il est doué...Il sera cuisinier, mon fils... Alors, pendant deux ou trois ans, j'ai voulu faire cuisinier... Tous les dimanches, je faisais une tarte. C'était pas possible, on se demandait si la croûte c'était l'assiette ! ".

Renaud_11 "Quand Mai 68 est arrivé, ma vie n'a plus été que la politique et les filles."

A l'âge de dix-sept ans, Renaud se retrouve confronté à la vie active. Et finalement pas mécontent que ça lui arrive. Pour lui, c'est un peu sa vraie vie qui commence. Il trouve des petits boulots.

A Pâques 71, alors qu'il va atteindre ses dix neuf ans, Renaud décide d'aller passer quelques vacances en Bretagne. Un soir à Belle-Ile, il tape une clope à un type dont la tête lui revient. C'est Patrick Dewaere. Il deviennent copains et se revoient, de retour à Paris. C'est la grande époque des débuts du Café de la Gare. Avec ses chansons, Renaud fait plutôt bonne impression sur l'équipe de Romain Bouteille, qui lui propose de jouer le rôle de Robin dans une de ses pièces " Robin des Quoi ? ". "Je remplaçais un mec qui partait aux Etats-Unis. Par la suite , j'étais pas là pour le remplacer alors ils ont pris Depardieu ! C'est à cause de cette période que je suis devenu si copain avec Coluche: au départ, il venait là pour faire les plâtres! On s'est jamais perdu de vue."

Renaud_13 Alors qu'il va sur ses vingt-et-un ans, Renaud sait maintenant une chose: tous les petits boulots auxquels il s'est essayé l'ennuient profondément et la seule chose qu'il prend plaisir à faire c'est de s'exprimer devant des gens, que ce soit au théâtre ou en chantant ses chansons.

Renaud Gavroche

" J'ai jamais ramé, jamais lutté pour faire de la scène ou un disque ".

Depuis 68, en se penchant sur l'histoire de la Commune et des mouvements anarchistes, Renaud a redécouvert ce folklore dont les échos avaient bercé ses vacances d'enfant chez les " chtimis ".

L'idée semble évidente :pourquoi n'irait-il pas chanter toutes ces chansons qu'il aime dans les rues, comme ça se faisait autrefois ? En passant le chapeau, il ramasserait bien de quoi boire quelques chopes. L'idée est en effet lumineuse et il se constitue un répertoire, mélangeant les vieilles rengaines archi-connues avec des chansons écrites par lui sur le modèle de jadis. Accordéon, guitare, chant, il se trouve que son pote Michel Pons joue plutôt bien de l'accordéon.

Renaud_10 C'est dans les premiers mois de 1974 que Renaud présente pour la première fois ses chansons sur une scène de music-hall. "Les P'tits Loulous" sont trois (Renaud, Coluche, plus un guitariste préposé à passer le chapeau) et jouent une vingtaine de minutes pendant la première partie de Coluche, où défilent aussi prestidigitateurs, ventriloques et autres attractions.

C'est alors qu'une productrice de chez Wha-Wha Musique repère notre Gavroche soixante-huitard et lui propose d'enregistrer un disque. Toujours timide à l'excès dans ce genre de situation, Renaud accepte, mais du bout des lèvres. " Je n'avais pas très envie de faire dans la chanson, ce n'était pas ma vocation. C'était un passe-temps que je faisais en dilettante. Pour moi, chanter était un petit boulot comme les autres et je ne pensais pas en tirer des fortunes. Et puis j'avais des petits besoins, j'habitais chez mes parents, où j'avais un toit et un repas par jour ".

L'album sera un succès d'estime encore très confidentiel. " Il y a deux mille deux cents mecs en France, que je ne connais pas, qui ont acheté mon disque, au début. J'ai trouvé ça super ".

Renaud_9 Renaud loubard en route vers la gloire

1977, I'année de ses vingt-cinq ans, va représenter un grand tournant dans sa vie. Il s'est trouvé un boulot à mi-temps dans un magasin de motos spécialisé dans la construction de choppers, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Sa vocation de comédien semble vouloir aboutir, lorsqu'il est engagé pour jouer dans la troupe de la " Veuve Pichard "... Pourtant, le destin allait en décider tout autrement: à défaut de lui ouvrir les portes de la gloire théâtrale, son séjour au café théâtre va lui faire découvrir la femme de sa vie.

" Quand j'ai rencontré Dominique, je me suis dit: c'est elle et pas une autre. On a tout de suite décidé de vivre ensemble, se marier, faire des enfants". Son deuxième album, dédié à Dominique, sortira en octobre 77. Il contient une pléiade de chansons devenues aujourd'hui des classiques (voir la discographie).

Renaud_16 Il a clamé partout qu'il voulait plein de gosses, parce qu'il les adorait, que c'était essentiel et lorsque l'heureux événement se produit en août 80, la petite Lolita semble concrétiser, à elle seule, tous ses rêves de bambins.

Alors, étrangement et progressivement, on va voir l'image de Renaud évoluer à travers ce qu'en disent les médias. On va s'apercevoir qu'il n'est pas seulement ce p'tit voyou qu'on a pris plaisir à exhiber, qu'il est aussi un sentimental. " C'est vrai ", avoue-t-il lui-même, " qu'il n'est pas évident que Renaud soit un papa gâteau qui aime bien pouponner, par rapport au blouson de cuir et tout Ça. Le blouson de cuir, c'est un rempart, une armure, pour dissimuler ou de la tendresse, ou un désir d'affection ".

Renaud_17 L'ombre et la lumière

A partir de 1997, une longue période difficile s'ouvre pour Renaud. Souffrant du départ de sa femme Dominique, il met des années à s'en remettre et sa déprime d'alors se noie dans l'alcool.

Aux Victoires de la musique 2001, le chanteur reçoit un trophée spécial pour son oeuvre.La même année, Renaud se lance dans l'enregistrement d'un nouvel album, le premier album original depuis 1994. Nommé "Boucan d'enfer", il sort le 28 mai 2002.

Renaud_12 Toujours prêt à exprimer ses idées, Renaud le fait avec ses propres mots, témoignant ainsi d'une langue française peu orthodoxe mais néanmoins vivante. Son langage très imagé, sa verve argotique et son style vindicatif qu'il exprime dans ses chansons constituent sa marque de reconnaissance.

L'artiste n'a jamais perdu sa plume et si la vie lui a réservé quelques malheurs, le poète en souffrance a su les transformer en pur bijou. Les mots et les idées sont toujours acérés. Avec ou sans mobylette en banlieue, l'anarchiste lucide nous livre un trésor.

DISCOGRAPHIE

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N°7 décembre 2004: Disco Souchon

DISCOGRAPHIE d'ALAIN SOUCHON

J'AI 10 ANS - 1974

"...Ça fait bientôt quinze ans

Que j'ai dix ans

Ça paraît bizarre mais

Si tu m'crois pas hé

Tar' ta gueule à la récré..."

BIDON - 1976

"...J'suis mal dans ma peau en coureur très beau

And I just go with my pince à vélo

J'suis bidon, j'suis bidon..."

JAMAIS CONTENT - 1977

"...Elle dit que je pleure tout le temps

Que je suis carrément mé'chant jamais content

Carrément méchant jamais content..."

Souchon_les_pots ON AVANCE - 1983

"...Rame, rame, rameurs ramez

On avance à rien dans c'canoë

Là-haut

On t'mène en bateau

Tu n'pourras jamais tout quitter, t'en aller

Tais-toi et rame..."

C'EST COMME VOUS VOULEZ - 1985

"...C'est comme vous voulez

Où vous irez j'irai

C'est comme vous voulez

Comme voulez..."

ULTRA MODERNE SOLITUDE - 1985

"...Pourquoi ces rivières

Soudain sur les joues qui coulent

Dans la fourmilière

C'est l'ultra moderne solitude..."

La beauté d'Ava Gardner

"...J'aime les regretteurs d'hier

Qui trouvent que tout c'qu'on gagne on l'perd

Qui voudraient changer le sens des rivières

Retrouver dans la lumière

La beauté d'Ava Gardner..."

C'EST DEJA CA - 1993

Foule sentimentale

"...Foules sentimentales

On a soif d'idéal

Attirées par les étoiles les voiles

Que des choses pas commerciales

Foule sentimentale

Il faut voir comme on nous parle

Comme on nous parle..."

Souchon_4 AU RAS DES PAQUERETTES - 1999

Notre amour à la machine

"...Passez notre amour à la machine

Faites-le bouillir

Pour voir si les couleurs d'origine

Peuvent rev'nir..."

LA VIE THEODORE - 2005

Et si en plus y'a personne

"...Tant de démagogues de temples

de synagogues..."

N°7 décembre 2004: Alain Souchon

Téléchargement grgosuite.mp3 (JPL 2006 - Réalisé sans aucun truquage visuel)

Couverture7

ALAIN SOUCHON

Dans le coeur des français, il reste ce garçonnet de dix ans, tout seul dans son coin à la récré ...

Les bobos de l'âme, Souchon connait. Mais ce qui pourrait sonner plaintif ou geignard, autant dire insupportable, prend dans sa bouche des accents d'infinie tendresse, non dénuée d'humour.

1944, un petit Alain Souchon voit le jour à Casablanca (Maroc).

Souchon_1 On dit de son enfance qu'il était timide et mélancolique. Cancre notoire, il devient le souffre-douleur des autres élèves, puis finit par se faire renvoyer du collège pour indiscipline. Après une inscription ratée au Lycée Français de Londres, Souchon travaille comme barman dans un pub et commence à gratter la guitare.De retour à Paris il bricole dans le bâtiment et se lance dans l'écriture de chansons. Il se produit dans les cabarets de la Rive Gauche, fait quelques premières parties de vedettes, dont celle du chanteur Antoine.

Voulzy Vient la rencontre avec Laurent Voulzy qui lui écrit les musiques de "J'ai dix ans", "Bidon", "S'asseoir par terre", "Allô maman bobo". Nous sommes en 1974. Aujourd'hui, cette collaboration et cette amitié sont toujours de mise. Un compositeur et un auteur qui se rencontrent et se lient d'amitié ne peuvent donner que des chansons qui font date. Très tôt Alain Souhon est passionné par la chanson française. Dans un entretien récent il nous livre : "Il y a toujours eu deux sortes de chansons. De mon temps, il y avait d'un côté Claude Nougaro, Serge Gainsbourg, Georges Brassens, et de l'autre Claude François, Dalida et toute une bande de gens qui faisaient des choses plus légères. C'est toujours ça : Dominique A d'un côté, Lara Fabian de l'autre".

Beaucoup ont décrit Souchon comme un "Chante-Misère", d'une tristesse tendre, cela reste à prouver, d'autant qu'il se reconnaît dans ses pairs, Léo Ferré et Georges Brassens pour les principaux.

Souchon_2_2 En mai 1968, il parcourt la France en bicyclette. Maxime Le Forestier dit de lui : "Alain c'est un roc, mais il a exprimé à un moment donné la fragilité des hommes". Cet éternel adolescent, qui s'amuse et s'émeut de tout, a des accents de tendresse qui touchent.

A 60 ans, Alain Souchon est un artiste majeur de la Chanson française. Au même titre qu'un Brassens ou un Brel, dans son répertoire où se mêlent habilement poésie, tendresse, mais aussi un certain engagement politique.

Souchon_siteQuand Alain Souchon met les doigts dans le Net, c'est quelque chose ! Voici sans doute l'un des sites musicaux les plus originaux et drôles. Avec ses petites icônes colorées, le site propose une navigation de pages en pages très facile ...

Alain Souchon

N°10 décembre 2005: Maxime

 Ecouter

La petite "grande" Fugue (Arrangement JPL
- enregistré sur les grandes orgues de Sainte Nitouche la prude)

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Couverture10 MAXIME LE FORESTIER

Essayez donc d'imaginer la chanson française sans Piaf, Trénet, Brassens, Brel, Barbara ou Maxime Le Forestier ! Portrait du chef de file de toute une génération ...

Précédé de deux soeurs aînées Anne et Catherine, Maxime Le Forestier naît à Paris le 10 février 1949. Sa culture familiale est anglo-saxonne. Son père est anglais d'origine normande, et sa mère, Lili, est traductrice pour des chaînes britanniques de télévision.
Mais surtout, cette mère est musicienne et inculque à ses enfants le goût de la musique, et notamment du violon. De musique classique en école religieuse, le petit Maxime suit une scolarité très sobre mais ne dépasse pas le stade de la classe de première: il est renvoyé du lycée en 1965.

La révélation Brassens
Lorsque sa mère lui offre un disque de Brassens, le jeune Maxime découvre sa vocation. Dès quinze ans, il se produit avec sa guitare (exit le violon !) sur les marchés ou au café "Chez Louisette" à St-Ouen.
Avec sa soeur Catherine, en 1965, ils forment un duo: "Cat et Maxime". Ce duo leur permet d'exercer réellement leur talent dans les cabarets parisiens en reprenant des standards américains ainsi que les premières chansons de Georges Moustaki avec lequel ils deviennent amis.
Puis ils enregistrent deux 45 tours chez Barclay. C'est leur première expérience discographique, et la dernière ensemble. Le duo se sépare en 1969, service militaire de Maxime oblige. Catherine rejoint Moustaki, Maxime sa caserne.

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Parachutiste hippie
Tout en remplissant ses obligations militaires, le jeune homme poursuit sa passion. En 1969, il écrit et enregistre  ses deux premiers 45 tours solo: "Coeur de pierre, face de lune" et "Concerto sans frontières".Il écrit également la musique d'une comédie musicale "Oh! America!", dans laquelle il joue avec sa soeur Catherine.
Mais c'est vers les Etats-Unis que Maxime se tourne en 1970, et plus particulièrement vers San Francisco...
Il vit comme un bohème, image qui lui collera longtemps à la peau. A son retour, il enregistre un autre 45 tours qui cette fois, bouleversera sa vie et sa carrière: "Mon frère".
Son premier album sort en 1972 et contient les titres:"Mon frère", "San Francisco", "Parachutiste", ... C'est un énorme succès, qui lui permet de réaliser un rêve: chanter en première partie de son idole, Georges  Brassens.

Une reconnaissance rapide et méritée
Dès ses premiers disques, Maxime est reconnu et apprécié à sa juste valeur. Il est un jeune homme talentueux, héritier contestataire de Brassens et de Bob Dylan, dans une France encore sous le choc culturel de mai 68. Avec sa guitare et ses chansons fleuries, il sillonne la France et y porte la bonne
parole. Il devient une star, mais pas du show-business, un grand frère qu'on vient écouter chanter, parfois pour une bouchée de pain, comme en 1974, où l'entrée du spectacle ne coûte que10 francs !Il est l'ami des gens simples et devient leur porte-parole.

La descente dans l'oubli
Mais le public commence vite à bouder ce jeune barbu aux idées humanistes et révolutionnaires. Victime de cette image, Maxime essuie un échec en 1976, lors de la sortie de son quatrième album. Il se tourne alors vers des thèmes et des pays moins en marge, et notamment vers le Canada et les Etats-Unis pour une tournée internationale riche et variée. Mais Le Forestier a changé, et le public
s'éloigne de lui au fur et à mesure qu'il s'écarte de son style premier.
Avec les années 80, et malgré les albums, les tournées internationales et un talent toujours incontestable, Maxime Le Forestier n'est plus le jeune chanteur adulé des années 70. Son public ne comprend plus sa musique, et plutôt que de rester fidèle au style de ses premiers albums, le chanteur préfère vivre pleinement sa musique, quitte à perdre de sa notoriété. Il reste honnête vis à vis de sa passion et ne concède rien au monde de l'argent et du succès.

Maxime_2 Renaissance
En 1988, Maxime revient au devant de la scène, avec son titre "Né quelque part", aux sonorités africaines, résultat sans doute de ses nombreuses tournées sur le continent africain. Avec le second extrait de son album du même nom," Ambalaba", Maxime confirme que son talent ne s'est jamais tari. Il a simplement évolué vers de nouveaux sons, vers de nouveaux mots, et le public a mis presque dix ans à le comprendre.
Maxime n'a pas changé, mais son statut a évolué. Il est maintenant un "vieux" chanteur, un monstre sacré de la chanson. Ce statut lui permet de vivre sa passion à son rythme, selon ses envies. Ses albums originaux sont plus espacés.

Il s'accorde ainsi le plaisir de prendre son temps et de retourner à ses premières amours, Brassens, qu'il reprend en studio en 96, "Douze nouvelles de Brassens" et en live en 98.
Il participe encore à des oeuvres humanitaires : "Les Enfoirés", "Sol En Si", ...
Son album, "L'écho des étoiles", sorti en 2000, est en partie écrit avec  la complicité de Boris Bergman (parolier de Bashung).
En 2001, Maxime entame une tournée intime, sans tambour ni trompette.
En 2002, son album "Plutôt Guitare", enregistré à l'Olympia avec deux autres guitaristes  reprend notamment  les succès de sa carrière. 
Une oeuvre humaniste et sans concession, fruit d'un artiste fidèle et honnête. Voilà l'homme Maxime, à l'image de son maître de toujours, Georges Brassens.